Portiragnes : les fêtes religieuses

Naguère, les fêtes religieuses traditionnelles étaient très suivies, mais de nos jours, certaines ont disparues complètement, comme les processions, pendant les rogations qui duraient trois jours, le lundi, le mardi et le mercredi précédant l’Ascension.

Très tôt le matin, vers 8 heures, avant l’école, le cortège partait de l’église et se dirigeait vers les croix plantées dans la campagne à divers endroits. Les enfants déposaient un bouquet de fleurs, le curé déclinait en latin chaque saint du calendrier et les fidèles répétaient “Oras pronobis“.
Ces prières étaient censées attirer sur le vignoble la bénédiction du ciel.

Citons l’emplacement de ces croix dont certaines aujourd’hui ne sont plus:

  • la croix de Mouly chemin de la mer
  • une autre au fond des Condamines vers le canal
  • la croix de Simoneau déplacée aujourd’hui à droite du rond point des écoles
  • la croix St Félix dans le terrain de la famille Ain, sur l’emplacement d’un ancien cimetière
  • une autre au début du chemin de la Procession vers la RD 51
  • une dernière à la pointe Rouge à la mer qui nous a-t-on dit aurait été posée en l’honneur d’anciens combattants de 14-18 par M. Poursines d’où son nom la Croix Poursines.
La dernière croix encore debout Chemin de la Procession
La croix “Poursines” à Portiragnes plage, moins connue, chemin de la tour de l’Orb.

D’autres processions se déroulaient sur deux dimanches consécutifs. Des reposoirs magnifiquement décorés, étaient installés devant les entrées de portails des familles qui organisaient. Là aussi les cortèges partaient de l’église. Les petites filles marchaient devant, portant pendus à leur cou par des rubans, des jolis paniers remplis de pétales de fleurs.
Monsieur le curé suivait, abrité sous un dais porté par quatre personnes.

On se dirigeait vers le premier reposoir, le prêtre disait une prière. Pendant l’Élévation les fillettes jetaient délicatement les pétales de roses. Cela sentait bon. Après quoi on se dirigeait vers la station suivante.

Voici le nom des quelques familles qui avaient à cœur de décorer le plus beau reposoir:

  • La famille Mouly
  • Frontin, place de la Mairie
  • Molinier, place St Jacques
  • Fortanier, face au groupe scolaire
  • Pau, face à la poste
  • Rodès, avenue Jean Moulin
  • St Victor, rue du vieux puits
  • Autres reposoirs chez Cazamian, les Demoiselles Germain, Anne Dumas ou Poursines
Reposoir Place Saint Jacques (famille Molinier)

Les communions représentaient un moment important dans l’éducation catholique. Les parents avaient économisé pour que la fête soit belle. Le garçon se voyait offrir le premier costume et un brassard. Pour les filles c’était la belle robe de communiante (comme une robe de mariée), le voile, l’aumônière, le missel doré, le chapelet.

Tout commençait par une retraite d’une semaine à Roque Haute pour les filles chez Mme de Buron et au presbytère pour les garçons avec Monsieur le curé.

La messe le matin, suivi du catéchisme entre coupé de jeux et de promenades. La veille du grand jour les enfants allaient à confesse. Il fallait se creuser la tête pour se trouver des péchés. En désespoir de cause on avouait avoir menti, proféré des gros mots, désobéi à ses parents, trois péchés, cela faisait l’affaire. Nous étions purs en ce temps là.

Le dimanche la cérémonie débutait à 8 heures par une petite messe, à jeun, pour recevoir le saint sacrement. Vers 10 heures les cloches carillonnaient pour annoncer la messe solennelle. La famille au grand complet “sur son 31” accompagnait les communiants.

La traversée de l’église, pleine à craquer était émouvante. Quelques larmes coulaient. Dans l’autel, les garçons d’un côté, les filles de l’autre, s’agenouillaient sur des prie dieu. Le recueillement était palpable et les chants angéliques. A la sortie quelques photos étaient prises pour immortaliser ce merveilleux moment.

Le communiant offrait à ses proches une image pieuse gravée à son nom, en échange il recevait des étrennes, une montre ou un stylo plume, etc.

Les familles se dispersaient ensuite pour déguster un repas exceptionnel. Les achats des victuailles se faisaient le vendredi et tout était cuisiné à la maison. Vers 16 heures les invités quittaient à regret la table pour aller assister aux vêpres, ainsi se terminait cette belle journée festive.

Le lundi matin le renouvellement des vœux à l’église confirmait la communion solennelle, ce qui offrait un jour de vacances supplémentaire aux enfants.

Les communions à Portiragnes (1951) avec O.Verdier, R.Pujol, J.Coll, Fr.Alvado, A.Rubiella, H.Bonnafé, A. Lacombe, C.Bigot, J. Costa, R.Trouche, G.Glaussel, B. Chalier
Communions (1953) avec l’Abbé Pradel, R.Giner, R. Banat, Ch.Costa, Cl. Alvado

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