Les lieux de culte à Sérignan/Valras

Plus rien ne semble pouvoir être dit sur l’histoire des lieux de culte à Sérignan, tant sont complets les livres « Histoire de Sérignan » de 1964 (réédition du manuscrit de 1883) et « Sérignan en Languedoc » de 1999. Mais quelques précisions, rappels ou faits marquants peuvent cependant être apportés au cours des différentes périodes de l’Histoire.

Chapelle des Pénitents Bleus

La confrérie des Pénitents Bleus est un ordre laïc implanté en Languedoc et Provence. Elle a pour mission principale l’aide aux indigents. Comme d’autres villes et gros villages Languedociens, Sérignan avait un édifice dédié à cet ordre.

Le bâtiment est situé rue Michelet. Aujourd’hui habitation privée, la forme des fenêtres latérales confirme la fonction initiale de ce bâtiment. Certains éléments de la façade également.

Fenêtres de l’ancienne chapelle des Pénitents Bleus rue Michelet
Façade de l’ancienne chapelle des Pénitents Bleus rue Michelet

La date de sa construction n’est cependant pas connue, mais assurément avant 1654 (recherches en cours).

On peut supposer que cette chapelle fut édifiée à l’intérieur de l’enceinte des remparts de la ville pour compenser la vulnérabilité de la collégiale, très exposée aux attaques provenant de la mer, par la rivière.

Elle sera vendue aux enchères en 1793 parmi les biens ecclésiastiques et en 1802 la confrérie des Pénitents Bleus sera accueillie à l’intérieur de la collégiale, dans la chapelle Saint Joseph.

L’abbaye de Saint-Geniès

Au moyen-âge, l’abbaye de Saint Geniès se situait sur l’emplacement d’une villa romaine, sur la rive droite de l’Orb, vers l’embouchure. Elle fût abandonnée prématurément à cause de sa proximité avec la mer et les risques d’invasions barbares, fréquentes en ce temps-là. Seule une croix en fer forgé du XVIIIe rappelle dans le domaine du même nom, la vocation de cet endroit.

Croix de Saint Geniès

Il est probable que des pierres de cette chapelle aient servi à construire celle des Pénitents Bleus.

Les plages

Valras

Au XIVe siècle, la chapelle Saint Martin à Valras, restait seule debout après le sac du village par des barbares. Elle se situait probablement sur le flan du coteau, qui domine l’actuelle station, à proximité de l’actuel cimetière . Il n’y a pas de vestiges connus.

Le livre de recensement de 1846 nous apprend que « la plage » n’était peuplée que de 14 habitants, dont le maire du village de Sérignan, Simplicien-François Brousse.

Ce n’est qu’en 1913 qu’une autre église sera construite dans cette station, alors appelée Sérignan-la-Plage et inaugurée en grandes pompes par l’évêque du moment. Elle est placée sous le patronage de Saint Martin (rappel de la chapelle précédente), et sous le vocable “Notre-Dame du Perpétuel Secours”.

Inauguration de Notre-Dame du Perpétuel Secours le 23 juillet 1927

Cette partie balnéaire de notre village était peuplée surtout de pêcheurs et de bourgeois biterrois et tarnais. C’est à la même époque que le nom évolue en Valras-la-plage pour devenir définitivement Valras-Plage en 1931, à la création de la commune (974 habitants). Rappelons que les démarches avaient commencées en 1906!

Notre-Dame du Perpétuel Secours dans sa configuration originelle. Au fond, le casino tout juste terminé, et détruit en 2022.

Devant l’église sera construit une grotte rappelant celle de Lourde. Suite à un agrandissement, ce monument est aujourd’hui intégrée dans la partie latérale gauche du bâtiment.

Grotte de la vierge, rappelant celle de Lourdes.

Les derniers gros travaux de modification datent de 1957.

En comparant avec la photo ci-dessous avec celle prise prise peu de temps après sa construction, on remarquera plusieurs changements majeurs, en particulier le fait que l’édifice ait été significativement rallongé, permettant l’inclusion de la grotte au sein de l’édifice même.

La séparation entre partie d’origine et l’ajout est bien identifiable à l’aide des éléments décoratifs situés sur le toit.

L’église dans sa configuration actuelle.

Chapelle Notre-Dame des Anges – La Maïre

Sur la rive gauche, au bord de l’autre plage, à la Maïre, le curé Joseph Estournet fit bâtir en 1958 grâce à des dons, la chapelle Notre-Dame des Anges. Pendant la période estivale des messes étaient célébrées le dimanche. Elle a été restaurée en 2019.

Notre-Dame des Anges à la Maïre peu après sa construction.
Notre-Dame des Anges à la Maïre de nos jours.

Chapelle Alignan

Située à proximité du rond-point François Mitterrand, cette chapelle privée était la propriété de la famille Alignan (présente sur la commune depuis plusieurs siècles), qui l’utilisait pour se recueillir et prier.

La chapelle funéraire Alignan

Construite lors de la seconde moitié du XIX siècle, elle renferme les reste de plusieurs membres de la famille Alignan, mais aussi quelques membres de la famille Jean (d’où le nom parfois donné de chapelle Alignan-Jean). A l’intérieur se trouve un hôtel surmonté d’une statue de Saint Jean-Baptiste.

Une restauration complète à été effectuée en 2015.

La Collégiale

Nous terminerons par la collégiale, en ne revenant pas sur sa grande histoire (qui fera l’objet d’une page dédiée tant elle est riche), mais en évoquant un événements au travers d’une photos débusquée un album de famille.

La première montre la porte principale éventrée, autour de laquelle le curé et ses ouailles se désolent.

La porte de la Collégiale éventrée, en 1905

Elle a été prise en 1905, l’année de la promulgation de la loi de séparation de l’église et de l’état. Cette loi républicaine, initiée par Aristide Briand en faveur d’une laïcité sans excès, provoqua des heurts et mit de longues années à trouver son équilibre.

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